DrunkSouls, le groupe de reggae-rock qui conquiert les Etats-Unis

Ces méridionaux rencontrent un succès aux Etats-Unis tel, que bien souvent le public les prend pour des Américains. Découvrez les inclassables Drunk Souls, dont le titre « Human Race » accompagne le film « I believe I can fly – the flight of the Frenchies » de Sébastien Montaz.

Les Drunk Souls est un groupe marseillais difficile à classer, comme tous les  artistes qui  creusent un sillon original : ils cultivent un esprit Punk, une culture Rock et un son Reggae. Leur clip « Human Race »  vient de passer la barre des 2 millions de vues sur la chaîne Youtube du groupe. 

Un monde  désenchanté en quête de sens

Human Race faisait partie de la bande son du film I believe I can fly – the flight of the Frenchies  réalisé par Sébastien Montaz, qui les fait connaître aux Etats-Unis. La bande originale du film est constituée de sept chansons des Drunksouls. Le film questionne l’essor des sports extrêmes dans le monde, une recherche toujours plus folle d’adrénaline et d’exploits, comme une  allégorie à cette quête collective de sens dans la double acception de significations et d’activation des sens dans un monde devenu insensé. Le potentiel international du groupe ne cesse donc de se confirmer au fil des années et le succès international de ce film-documentaire (plus de 6 millions de vues sur le net) a renforcé la tendance. Ce film reçoit d’ailleurs une multitude de récompenses en France  et à  l’étranger  (Allemagne, Brésil, Canada, Argentine, Belgique, Espagne, République Tchèque)  ce qui aura grandement contribué à propager le virus Drunksouls bien au-delà de Marseille  qui les a vu naître.

Créé en 2002, Drunksouls, groupe totalement indépendant, explore et rassemble les genres dans un univers nuancé, qui met les esprits en éveil et les corps en cadence. Quand une  nouvelle économie de la culture et de la chanson émerge sur le net,  le groupe se fait connaître grâce un album de démonstration proposé en libre téléchargement contre don (bien avant que   Radiohead ne le fasse).  Cet album est   alors téléchargé  plus de 100 000 fois sur le site Jamendo.com  Ce succès permet aux Drunksouls d’être  dans le top 10 des plus écoutés pendant plusieurs années et  permet  au MySpace du groupe d’atteindre le demi-million de visiteurs à l’époque de l’âge d’or de MySpace. Ainsi  naît une communauté internationale de fans de la musique des Drunksouls.

Les années 2005 à 2009 sont celles où le groupe se forge une solide expérience de la scène en multipliant les concerts de toutes sortes (café concerts, SMAC, festivals), un peu partout en France. L’année 2010 marque un début de reconnaissance médiatique pour le groupe, puisque les  Drunksouls jouent à l’Olympia pour les 15 ans du Réservoir. En 2011, ils se retrouvent sur une autre scène mythique, celle du Grand Auditorium du Palais des Festivals de Cannes, pour le Cannes Shopping Festival, qui leur accorde leur confiance pour organiser un show autour de leur musique en live, avec danseurs acrobates, et défilés de modèles. Leur prestation fait l’unanimité dans la salle et les voilà reprogrammés au Grand Auditorium en première partie de Tiken Jah Fakoli, l’idole africaine ! C’est à la rentrée 2011 que les Drunksouls annoncent leur révolution.

Une presse américaine dithyrambique

Avec des textes souvent engagés sur des rythmes toujours engageants, les Drunksouls ont propagé leur son sans frontières et leur sens de la dérision sur plus de 200 concerts dans toute la France, ainsi qu’à l’étranger (Luxembourg, Italie, Suisse).

Le  deuxième album Révolution  a eu des chroniques dithyrambiques dans la presse outre atlantique, relayé par la sortie du film I believe I can fly ainsi que le succès du clip Human race.  L’accueil critique est impressionnant de l’autre côté de l’Atlantique et de multiples diffusions TV vues par des millions d’Américains (California Music Channel, Music Mix USA, Alternative Curent, POWER PLAY MUSIC TV, THE INDIE MUSIC Video show, et beaucoup d’autres…).

Il est grand temps que la presse française  relaye l’actualité d’un groupe qui monte….

Ce n’est pas  que Drunksouls trouverait  plus son public aux USA qu’en France : la musique des Drunksouls est appréciée également par le public  français. Mais elle a été  beaucoup plus soutenue par les média anglo-saxons (presse indépendante, radio, télévisions, blog). La différence provient avant tout  du traitement des médias français, qui  n’ont pas relayé le succès du clip Human Race, la qualité de la BO du film I believe I can fly. Les fans du film associent pourtant le succès de ce dernier en grande partie à sa musique. Même lorsque que ces média font référence au succès de I believe I can fly en France (même au journal de TF1), personne n’a jamais mentionné le nom du groupe indépendant qui a signé la  bande originale pourtant omniprésente.

Plusieurs facteurs se conjuguent pour comprendre les mécanismes culturels et sociaux qui expliquent ce traitement différentiel : cela tient  d’abord  au  parcours totalement indépendant du groupe, hors des filières classiques de détection par les structures et de soutien par les subventions. Le groupe a développé des partenariats atypiques avec d’autres créatifs (réalisateurs de films de sports extrêmes, défilés de mode, etc.)

Ensuite,  le groupe  provincial est éloigné des centres de décisions nationaux très centralisés en France… Point  de salut loin de Paris,  loin des décideurs, des programmateurs ? Les radios et  médias  sont en France  extrêmement verrouillés par les Majors et il ne reste que très peu de place pour la réelle production indépendante, alors que celle-ci n’a jamais été aussi forte.

En outre,  la musique des Drunksouls est très  influencée par l’ensemble des musiques noires américaines, et fort éloignée de la nouvelle vague française et électro en vogue dans les media français en ce moment. A tel point que parfois certains publics français  sont incroyablement surpris car ne connaissant que quelques chansons du groupe en anglais, les prennent  pour un groupe américain ! Il y a probablement aussi une difficulté spécifique  liée à la langue : un  manque de sensibilité aux qualités d’écriture en anglais de la plupart des chansons.

Enfin, les  Etats-Unis sont en avance dans l’explosion de  l’intérêt pour les sports extrêmes (qui grandit chaque jour en France depuis) et c’est de manière évidente qu’ils se sont emparés du vidéo clip de Human Race qui fait la part belle aux sports extrêmes, alors qu’en France ce clip a sans aucun doute un côté OVNI par rapport a la culture vidéo musicale française actuelle.

Le  deuxième film de Sébastien Montaz-Rosset vient de sortir Petit bus rouge, lui aussi en compétition dans de nombreux festivals. Il contient lui aussi un morceau des Drunk Souls en exclusivité du prochain album, Chaos, qui  sortira en digital en avant première sur itunes dans quelques semaines.

Une réalisatrice palestinienne vient de réaliser un clip sur la chanson Dear Lady (inclus dans le premier album mais qui a été remis à  l’honneur dans le film I believe I  can fly), qui va bientôt sortir.

 Et  le samedi 1er Février, les Drunksouls seront en concert à Marseille pour présenter certains de leurs tout nouveaux morceaux en exclusivité sur la scène de l’Espace Julien, pour le Festival les Massiliades (avec Juveniles, Salut c’est cool, Mc Taiwan ).

Béatrice Mabillon-Bonfils

Cet article a été initialement publié sur : http://www.atlantico.fr/decryptage/drunk-souls-groupe-rap-marseillais-qui-conquiert-etats-unis-beatrice-mabilon-bonfils-964364.html#SAOiFU1tORftoCPg.99

crédits photographique :  Minneapolis Institute of Arts  – cc-by-nc-sa 2.0

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